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Ploutocratie
Proposition de définitionDéfinition proposée par wikipedia version anglaise : ''Une ploutocratie consiste en un système de gouvernement où l'argent constitue la base principale du pouvoir (du grec "ploutos" voulant dire richesse).""
DiscussionDéfinition wikipedia français : Système politique dont le pouvoir est exercé par le groupe financièrement le plus riche. Cette définition me paraît beaucoup moins pertinente que l'anglaise car elle se fonde sur une définition évoquant la "lutte des classes" (groupe financièrement le plus riche), ce qui n'apparaît pas forcément vrai dans un monde complexte aux pouvoirs diffus, hétérogènes et délocalisés. — Jean-François Sommes-nous aujourd'hui dans une ploutocratie mondiale ? Question de constat Question de constat plutot que de définition. Au demeurant, l'aspect sociologique ne doit pas être écarté ou ignoré, à plus forte raison dans monde complexe au pouvoir diffus. Que signifie d'ailleurs un tel monde ? Eh bien, qu'en un tel monde en effet, on est dans une ploutocratie ; mais aussi dans une démocratie, sous une dictature, une tyrannie et tout autre règime à la fois. Donc, en définitive, la question est mal posée. Somme toute, en ce monde complexe au pouvoir diffus, on peut parler de forces ou de vecteurs ploutocratiques, sinon pour tout dire de champs ploutocratiques, au même sens que "champ social". Avec un tel modèle, on ne manquera pas de reconnaître de tels champs en ce monde ; modèle satisfaisant les deux définitions : l'argent gouverne et les riches gouvernent. Ceci dit, d'un point de vue sociologique, il y a une forte corrélation entre l'argent, comme possibilité de pouvoir, et les groupes jouissant d'un capital économique considérable ; je pense qu'il n'y a pas vraiment d'illusion à ce faire en cet endroit. Donc on reconnaîtra sans mal le conseil d'administration d'une holding ou d'une multi-nationale tel un champ ploutocratique. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire que l'entreprise soit d'une telle envergure : toutes celles basées sur l'actionariat ou sur des parts se prêtent à un tel champ. Il y a bien entendu un monde entre les associés d'une PME et les jetons sonnants et trébuchants d'une holding internationale et même en ce cas la ploutocratie peut être bloquée: statuairement par exemple ou bien parce que le capital culturel importe plus que le capital financier. Mais peu importe car, un régime de gouvernement, c'est une pratique longuement établie et intèriorisée ; et on peut entendre ainsi tout champ social. Aussi, il ne s'agit donc pas de savoir si on est, oui ou non, dans une ploutocratie, mais si cette pratique se développe, si son champ s'agrandit et penêtre les consciences. Modalités et conditions En tant que groupe social, il n'y a pas de mystères : ce sont les mêmes qui bénéficient et posent les règles du monde de la finance (cf Maurice Allais ), ils sont d'ailleurs les conseillers des gouvernements. Il n'y a pas lieu de chercher cependant si ce groupe tente sciemment d'inculquer sa pratique : ce sont plutôt les circonstances qui en favorise la diffusion. Par exemple, la privatisation du service publique est une ouverture au champ ploutocratique dont le modèle existant est aux U.S ; on en trouve l'exacerbation dans une fiction de "~np K. Dick ~np/np~" où l'on doit payer pour l'usage même de son propre équipement ménager. Pour ainsi dire, le pay per use en est l'apothéose. On est par ailleurs prompte à cette pratique, bien plus qu'on ne le croit. "Qui paye, décide" est un principe ploutocratique que l'on admet légitime même entre proches ; ce peut être une donnée dans un couple et ce fut souvent un argument auparavant. En ce sens-ci le mécenat, sinon le sponsoring, peut aussi donner lieu à ce champ. C'est finalement assez simple, dès qu'une situation met en avant l'argent dans la relation des acteurs, une pratique ploutocratique est possible ; à partir de là un groupe social faisant sien cette pratique est possible. Et on peut également le voir en sens inverse. Aussi il n'y a pas lieu d'une distinction franche entre un groupe social de ploutocrates et la pratique ploutocratique sous ses diverses apparences ; les circonstances étant la fenêtre d'ouverture. Quand on entend dire que le but d'une entreprise n'est pas d'employer, on peut le comprendre. Mais ce propos cache aussi un rapport social : les bénéfices étant les revenus de la haute hiérarchie de l'entreprise, à leurs yeux la masse salariale leur enlève le pain de la bouche. L'intéressement des employés au moyen de l'actionnariat est une invite à participer au champ ploutocratique ; mais placer son épargne sur un F.C.P, ce n'est pas moins participer à ce champ (même avec des actions n'ouvrant à aucun droit) Cela paraît schizophrène, mais ça ne l'est pas et pour une simple raison : les définitions ci-dessus ne s'opposent pas car la ploutocratie repose sur une individualisation totale, des gens comme de ce qu'ils produisent (ainsi le pay per use), dont le signe de cette individualité est la richesse. Digression : on remplace la richesse par la culture comme signe de cette individualité, on obtient un champ élitiste ; avec UN individus, on obtient un champ dictatorial ou tyrannique ; avec une divinité, on obtient un champ monarchique ; avec TOUT individus, on obtient un champ démocratique ou anarchique Sommes-nous dans une ploutocratie mondiale ? Très exactement qu'est-ce qui favorise un tel champ au niveau mondial ? Malheureusement et en premier lieu, c'est le modèle économiques dominant. La pratique bancaire du crédit multiplicateur est en soi une individualisation par l'argent : l'avoir de chacun est pour moitié du vent ( cf: Argent Payant ). Mais ce n'est pas la une pièce maîtresse. L'économie libérale est de type oligopolistique : derrière la diversité des marques se trouvent peu d'entreprises ; mais sur le plan financier la concentration est plus accrue encore. Aussi le ploutocrate revêt-il plus d'un visage : entrepreneur, banquier, expert ou consultant et même, président de la commission européenne. Donc, indirectement, le ploutocrate jouit d'un capital social complet. C'est là une situation dramatique pour tout gouvernement car il sera en toute façon infiltré directement ou indirectement, quand il ne s'agit pas de corruption ou de collusion : le monde actuel est trop complexe pour qu'un individu puisse se prétendre d'être avisé. C'est pareil pour le décideur politique, il a donc toute les chances d'être abusé. En témoigne le rapport sur lequel se fondait la directive pour la brevetabilité des logiciels Conclusion Dans l'ensemble, rien d'étonnant que le modèle économique favorise le champ ploutocratique, la pratique étant basé sur l'argent et la richesse ; mais c'est là une considération formelle. Etre un ploutocrate est tout un apprentissage, il ne suffit pas seulement d'être riche, il faut vivre ainsi comme allant de soi. Le point de vue des "top 10" d'une multinationale ou d'un groupe bancaire n'entrevoit la réalité des choses que sous l'angle financier : ils se doutent bien du malheur ou du bonheur des autres, c'est simplement que ce malheur ou ce bonheur représente tant. On ne peut donc faire l'impasse sur l'aspect sociologique, celui-ci montre l'articulation entre le groupe social d'un champ et les pratiques conciliant ce champ. L'opposition à celui-ci est toute culturelle, car en somme il s'agit de savoir si la ploutocratie devient consensuelle, sinon un habitus ; la différence apparente entre la définition anglo-saxonne et la définition française en indique le clivage: la première renvoie à une façon de vivre tandis que la seconde ne renvoie qu'à un groupe social. LM Liens à creuser
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Jean-Francois Noubel
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